[M-net] Le gouvernement a loupe une occasion de se taire

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Dim 2 Avr 14:36:17 PDT 2006


` Pétrole : après avoir loupé la négociation avec Woodside le
gouvernement de transition a loupé une occasion de se taire

La Mauritanie vient de renégocier avec Woodside les nouvelles
conditions de partenariat, à un moment où les premiers barils sont
déjà sortis de Chinguiti et vendus sur le marché international. Notre
pays vient donc, aux yeux du monde, de rentrer dans le club très fermé
des pays producteurs de pétrole. C'est à ce moment historique sans
précédent dans notre existence que nos négociateurs ont sacrifié par
ignorance ou pour d'autres raisons, au moins pour quelques années ou
jusqu'à une prochaine renégociation, l'avenir de nos intérêts vitaux.

Il est normal et cela a toujours été le cas dans d'autres pays de
renégocier les conditions d'un partenariat, dès lors qu'une évolution
favorable des prix ou des découvertes le permette.

Aujourd'hui nous sommes devenus une province pétrolière où plusieurs
découvertes ont été faites.

L'étude de rentabilité qui avait été faite en 1998 par Woodside se
basait sur un prix du baril à 24 dollars US. Le prix de ce même baril
se négocie actuellement à 60 dollars, le gâteau à partager entre
Woodside et notre pays a donc considérablement grossi sur ce dernier
semestre et il est normal que nous renégociions de nouvelles
conditions en notre faveur.

Beaucoup de pays (Iran, Nigéria, Bolivie, …) l'avaient fait depuis la
flambée des cours du pétrole sur le marché mondial.
Ces pays ont pu obtenir des conditions exceptionnelles par rapport
aux miettes que nous venons de renégocier. Nous allons, ci-dessous, en
exposer certaines.

Mais d'abord revenons à l'annonce, faite par le gouvernement de
transition, des résultats de l'accord avec Woodside.
Pour mieux comprendre ce qui avait été annoncé par le gouvernement de
transition, il faut savoir que tous les champs pétroliers (Chinguiti,
Tevet, Walata et Labedna) se trouvent dans le périmètre B communément
appelé Zone B.
Le taux d'imposition du BIC dans cette zone B avait été fixé à 25% par
l'actuel Ministre du Pétrole, par lettre adressée à Woodside en date
du 16 septembre 2005.

Le premier ministre a parlé d'annulation de clauses relatives :
- à la baisse de la quote part de l'Etat mauritanien dans le
profit oil pour certaines zones,
- à la réductions des impôts de 15 pour cent dans certaines zones,
- au monopole d'exploration et d'exploitation sur plusieurs
années pour certaines superficies,

Cette annulation concerne uniquement des zones où aucune découverte de
champ pétrolier n'avait été faite. Il est prévu leur restitution à la
Mauritanie.
Ce qui rend extrêmement difficile leur placement auprès d'un autre
pétrolier qui sait que ces superficies sont des « rendus ».

Le premier ministre a parlé d'annulation de la clause relative à «
l'allégement des contraintes en matière de protection de
l'environnement, ce qui impliquait la mise en péril de la faune et de
la flore maritimes et la pérennité de nos ressources halieutiques ».

Il n'y a jamais eu d'allègement dans les contraintes
environnementales, il y avait plutôt une obligation d'approbation par
le Ministère du Pétrole du plan d'environnement ce qui constituait une
garantie pour notre pays.
Cette obligation, malheureusement vient de disparaître au profit de
Woodside qui n'a plus besoin de l'approbation du Ministère.

Les missions de bateaux bourrés d'électronique, de robots soumarins
pour des prélèvements à plusieurs centaines de mètres de profondeur et
des analyses scientifiques sur les lieux mêmes faites par des équipes
spécialisées n'ont donc plus lieu d'être réalisées.
Ces missions trimestrielles coûtent à l'unité entre 2 et 3 millions de
dollars US.

Nous ne sommes plus protégés que par une simple phrase qui d'ailleurs
n'a aucun sens dans le jargon pétrolier : « se conformer au principe
de précaution ». On nous a également annoncé que Woodside paiera un
million de dollars US annuel pour financer un comité de surveillance
de l'environnement. Il est clair que ce montant ne peut répondre à une
préoccupation essentielle comme celle de la protection de notre
environnement et de nos ressources halieutiques qui sont contrairement
au pétrole des ressources renouvelables. Notre fameux comité de
surveillance n'aura ni la compétence ni les moyens de se faire assister.
Woodside s'est donc déchargée de cette question sur notre comité de
surveillance qui sera certainement composé d'ONG, de partis politiques
et autres individualités sans expérience pétrolière.

Rappelez vous tout ce qu'avait raconté le gouvernement de transition à
nos autorités supérieures et à notre opinion publique sur cette
question d'environnement, nous disant qu'une catastrophe sans
précédent avait été causée à l'encontre de notre environnement.

Aujourd'hui on revient sur ce qui précède et en deux mots le
gouvernement de transition croit nous trouver la protection adéquate
avec l'adoption du « principe de précaution ». La montagne a donc
accouché d'une petite souris menteuse.

Par ailleurs Woodside vient de recevoir une offre sur le traitement à
terre des boues de forages (dans l'offshore) provenant de la société
Orléans Invest appartenant à des italiens (de la Sicile où se trouve
les plus grands clans mafieux de l'histoire contemporaine) qui sont
partenaires à des hommes d'affaires mauritaniens. Cette offre
semble-t-il avait été bien appuyée par le département du pétrole. Si
Woodside, sous la pression du Ministère du Pétrole, accepte cette
offre faite par des affairistes qui ne sont pas reconnues pour leur
grande moralité, nous irons à une catastrophe écologique certaine.
Pour des raisons financières les italiens jetteront en mer très
probablement une bonne partie de cette boue lors du transport du FPSO
(bateau flottant) jusqu'à la cote.

Sur les coûts d'abandon le premier ministre n'a strictement rien
réussi de nouveau. Dans les avenants ces coûts étaient considérés
comme des coûts pétroliers et ils le sont restés conformément aux
standards pétroliers.
Ce qui change c'est qu'avant il accusait Zeidane de les considérer
comme coûts récupérables donc en partie supportés par la Mauritanie.
Aujourd'hui il reconnaît son erreur, peut être sans se rendre compte
qu'à l'époque où il nous parlait de centaines de millions de dollars
perdues par la Mauritanie, c'était relatif aux coûts d'abandon.

Sur la suppression de « la possibilité de passer les marchés de gré à
gré » le gouvernement de transition nous expose, eu égard à l'urgence
de la continuité du processus de production pétrolière en mer, au
risque de rupture de production conséquence des délais incompressibles
des appels d'offre. Nous risquons également de payer beaucoup plus
cher les équipements si on ne profite pas des contrats cadres de
Shelle (Woodside étant la filiale) avec ses fournisseurs.
Dans tous les cas Woodside n'a aucun intérêt à payer plus cher un coût
recouvrable qui impactera sa part comme la notre. Le coût est partagé
au prorata des pourcentages entre la Mauritanie et les membres du
Consortium dont Woodside.
Le nouvel accord nous expose bêtement à un risque de baisse ou de
rupture de la production.



Sur la suppression de « la clause qui centralisait la comptabilité en
Australie », c'est ignorer que toutes les grandes multinationales du
monde soutraitent leur comptabilité en Inde et ailleurs que dans leur
pays d'origine parce que tout simplement les technologies de
communications (Internet) permettent de visualiser en temps réel
toutes les informations stockées dans n'importe quel point du globe,
moyennant une autorisation d'accès. Le fait que les données comptables
soient confectionnées en Australie ou en Mauritanie est réellement
sans importance. Au passage nous n'avons pas de leçons sur confection
des vrais chiffres à donner au reste du monde.

Sur « la suppression de l'interdiction de vendre du pétrole et du gaz
à des pays déclarés hostiles à la Mauritanie », cela n'a pas de sens
car le pétrole est négocié entre plusieurs intermédiaires avant
d'arriver dans une raffinerie du monde qui une fois raffiné le vendra
à qui elle veut (intermédiaire ou autres). Woodside ne peut obliger
tous les intermédiaires et raffineurs à respecter notre fameuse clause.

Sur les «nouveaux aménagements quant au plafond de recouvrement des
coûts pour le projets de production du puits Chinguitti. Au lieu de
60 pour cent initialement prévus, le plafond de recouvrement sera de
50 pour cent tant que le prix du pétrole restera supérieur ou égal à
55 dollars le baril ».
Consacrer 50% de la production au lieu de 60% aux recouvrements des
coûts pétroliers ne rapporte concrètement rien en terme financier à
la Mauritanie, car dans les deux cas de figure ces coûts pétroliers
(environ un peu plus de 900 millions de dollars US) seront remboursés
en moins de deux ans.
Faites le calcul pour une année (50% x 75000 barils /jour x 300 jours
dans l'année x 60 dollars = 675 millions dollars US).
Le premier Ministre a mentionné que le nouvel accord sur cette clause
ne porte que sur le Champ Chinguiti et donc pas les autres.

Le premier ministre déclare : « Dans le même esprit, le protocole
d'accord stipule, s'agissant de la production du projet Chinguetti,
que lorsque le prix du marché est supérieur ou égal à 55 dollars le
baril, le gouvernement recevra un profit additionnel de 5 pour cent de
la portion de la tranche du profit /oil qui correspond à la partie du
prix supérieure à ce plafond de 55 dollars le baril ».
Là on a touché le cœur de l'accord et nous avons loupé l'essentiel car
tous les accords d'aujourd'hui dans le monde permettent aux pays
pétroliers comme le notre de bénéficier non pas de 5% «de la portion
de la tranche du profit oil qui correspond à la partie du prix
supérieure à ce plafond de 55 dollars le baril » mais de la totalité
du profit oil additionnel provenant de toute hausse supérieure à un
seuil de prix du baril à fixer avec l'opérateur pétrolier.
C'est-à-dire qu'on aurait pu obtenir 100% du profit Oil additionnel
résultant d'un différentiel haussier d'un prix du baril supérieur à 55
dollars ou 60 dollars par exemple.
Le premier Ministre a mentionné que le nouvel accord sur cette clause
ne porte que sur le Champ Chinguiti et donc pas les autres.


Woodside paiera un montant de 100 millions de dollars US à notre pays
sous forme de « bonus de signature ». Cela correspond en fait aux huit
forages non réalisés par Woodside dans les zones où les indicateurs
géologiques et géophysiques sont très médiocres (coût approximatif
d'un forage entre 10 et 15 millions de dollars).
Woodside avait l'obligation de réaliser un total de 14 forages dans
les différentes zones.
Elle a réalisé 18 forages, mais uniquement dans la zone B où se
trouvent les quatre champs pétroliers découverts car c'est dans cette
zone B où avaient été mis en évidence les meilleurs indices de
présence de pétrole.

Althani l'intermédiaire infréquentable est devenu dans cette affaire
notre principal négociateur…

Althani qui joue aujourd'hui l'intermédiaire entre la Mauritanie et
Woodside est le représentant des intérêts de certaines individualités
mauritaniennes, à l'origine du déclenchement de la crise avec Woodside
et de l'emprisonnement de Zeidane. L'actuel Ministère du Pétrole
Mohamed Ali a demandé à la plupart des sociétés pétrolières présentes
en Mauritanie d'associer Althani dans leurs projets respectifs, même
si elles n'ont besoin ni de son argent ni de sa connaissance du
secteur, qui est inexistante.

Althani aura toutes les facilités et les commissions adéquates aussi
bien du coté mauritanien que du coté de Woodside et le tour est
joué…sur le dos du peuple mauritanien.

Depuis deux ans Althani est détenteur d'un permis de recherche
pétrolière dans le bloc 19 en Offshore, il n'a jamais à ce jour
réalisé la moindre obligation contractuelle de travaux. Il est peu
probable qu'il puisse se conformer à ses engagements au cours de la
dernière année qui lui reste.

Les expériences des associations avec Althani n'ont jamais abouti au
résultat attendu comme en témoigne ses escroqueries à l'encontre de
l'Etat soudanais et des sociétés pétrolières ayant été trompées sur sa
personne : CNPC, Petronas,…

Les entreprises pétrolières internationales ont mis Althani sur leur
liste rouge. La tentative malsaine de l'équipe actuelle du pétrole
(Mohamed Ali et Marwani) de le réhabiliter auprès de ceux qu'il a
volés est une forme de complicité qui leur permet d'obtenir par prête
nom interposé des intérêts illicites.

La malhonnêteté, l'amateurisme et l'incompétence de nos négociateurs
ont sacrifié nos intérêts vitaux.


Sidi Mohamed Ould Elvadel Ahmed
Ingénieur en Hydrocarbures




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