[M-net] Dictature de la pensée Le billet d’Yves Daoudal

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Jeu 11 Mai 06:21:54 PDT 2006


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Dictature de la pensée <http://fr.novopress.info/?p=5057>


Entre la commémoration de l'esclavage à sens unique et la proposition de loi
visant à mettre en prison les Français qui contesteraient le génocide
arménien, on voit que la dictature de l'histoire officielle (d'une histoire
non faite par les historiens mais littéralement dictée par les politiciens)
est en train de s'emballer.

La journée de repentance sur l'esclavage fait suite à la loi Taubira qui
était une première mondiale, et demeure la seule loi au monde définissant et
condamnant l'esclavage (celui commis par des Occidentaux, qui ne fut ni le
premier ni le plus important), comme crime contre l'humanité. Ce solennel
nostra culpa (bien qu'on ne voie pas où est la faute des Français
d'aujourd'hui) permet à ses promoteurs d'apparaître comme des redresseurs de
torts du passé, tout en ignorant les crimes d'aujourd'hui. Le vacarme
officiel a ainsi empêché d'entendre, par exemple, l'association
mauritanienne SOS Esclaves, qui avait exprès choisi ce jour pour dénoncer
l'esclavage "qui demeure une réalité importante en Mauritanie, en dépit de
l'abolition de 1981″, ou les experts du BIT de Genève qui, ce même jour, ont
rappelé qu'ils estiment à 12,3 millions le nombre d'esclaves actuels dans le
monde, et surtout que le phénomène tend à s'aggraver… en Europe, par la
prostitution et surtout l'immigration clandestine…

Dans le même temps l'Assemblée nationale se prépare à examiner une
proposition de loi socialiste visant à sanctionner la négation du génocide
arménien. C'est la suite de la loi française reconnaissant le génocide
arménien, et une extension logique de la loi Gayssot à ce génocide. Dans son
tout récent et excellent livre L'histoire assassinée, Jacques Heers,
dénonçant "la comédie des repentances, crimes de guerre et génocides", fait
remarquer que la France se permet de reconnaître dans ses lois deux
génocides commis à l'étranger par des étrangers, mais se garde bien de
reconnaître le génocide vendéen, commis par des Français en France. Et il
est encore moins question, évidemment, de s'en prendre à ceux qui depuis
deux siècles ont nié et nient encore ce génocide.
De nombreux historiens, y compris de gauche, s'élèvent contre cette nouvelle
atteinte à ce qui est le fondement même de leur métier, et de toute histoire
digne de ce nom. Mais de nombreux historiens s'étaient également élevés, en
vain, contre la loi Gayssot, proposée, ce n'était pas un hasard, par un
stalinien. Si la loi dit l'histoire, le principe même de la recherche
historique est détruit. A la fin de son livre, Jacques Heers montre comment,
de fait, la recherche historique n'a plus droit de cité dans l'université
française. Ce chapitre est intitulé "L'histoire à la botte - L'Etat
totalitaire".
Dans le même temps, il y a la polémique autour de la déprogrammation, par le
directeur de la Comédie Française, d'une pièce de Peter Handke. Non pas pour
ce qui est écrit dans cette pièce, mais uniquement parce que le dramaturge
autrichien était aux obsèques de Milosevic et ose dire que le président
serbe n'était pas le seul responsable de la tragédie yougoslave. Il s'agit
clairement d'une censure pour délit d'opinion, et frappant un écrivain non
pour ce qu'il écrit, mais pour ce qu'il dit ou fait en tant qu'individu.
C'est un événement d'une exceptionnelle gravité, et l'on devrait voir se
lever comme un seul homme tous les vaillants défenseurs des droits de
l'homme et de la liberté d'expression. Or il ne se passe rien, en dehors
d'une polémique feutrée entre intellectuels.
Pour quelle raison? Tout simplement parce que l'opinion de Peter Handke sur
la Serbie n'est pas une opinion, c'est un délit de négationnisme. Nous y
revoilà. La Comédie Française est en avance d'une loi, ou plutôt de deux
lois: celle qui reconnaîtra les crimes contre l'humanité commis par
Milosevic, et celle qui sanctionnera la contestation de ces crimes…

Source: http://www.national-hebdo.com/



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