[M-net] Le 19 novembre : Le « vagabondage » démocratique
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Jeu 30 Nov 09:04:51 PST 2006
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Le 19 novembre : Le « vagabondage » démocratique
La Nouvelle Expression du 30-11-2006
L'éclatement, le morcellement, le fractionnement, la fragmentation,
l'atomisation : le début de la conclusion politique de la journée du 19
novembre se définit difficilement. Cette difficile définition politique
s'explique par l'exagération dans la pluralité de l'expression politique de
ce scrutin qui se fait plus autour des hommes que des programmes politiques.
L'opposition naturelle de l'époque Taya s'est taillée une place de choix. La
force du PRDS-PRDR est toujours perceptible à travers les indépendants
constitués essentiellement des ex-barons du régime déchu. Quelle lisibilité
politique pour cette journée d'une singularité historique ?
Le 19 novembre 2006, en attendant le 3 décembre, constitue une date
historique par le fait que les Mauritaniens sont partis aux premières
élections locales après Taya et sa machine électorale le PRDS. A l'époque
Taya, le parti-Etat PRDS était gagnant avant même le scrutin. La transition
semble avoir aussi son PRDS : les indépendants. Ces ex-barons du pouvoir
déchu étaient et restent favoris grâce aux moyens déployés et les caïds
locaux qui défendent leurs couleurs. Cependant, plusieurs facteurs rendent,
aussi, tout de même, ce scrutin historique notamment la supervision de cette
compétition par la CENI, une vieille revendication de l'opposition de
l'époque Taya où le ministère de l'Intérieur avait le monopole total. En
plus de l'assistance de ce cadre indépendant, on dénombre plus de 500
observateurs indépendants nationaux et internationaux en plus de
journalistes. Tous les ingrédients de nature à rendre ces élections
«consommables» étaient réunis. On déplore au passage une certaine résistance
de quelques pratiques du passé : la neutralisation des électeurs par l'achat
de leurs pièces d'identité ou la rétribution de la localité par le résultat
de son vote. Une attitude qui pourrait être qualifiée de fraude indirecte.
Les votes ethnique, communautaire et tribal ont été le langage de plusieurs
urnes du pays profond. La lisibilité politique des résultats des urnes se
manifeste d'une manière politico-analytique seulement dans certains grands
centres urbains (NKTT, Rosso, Zouerate, NDB). Dans la quasi totalité, il
faut lire du résultat de ce premier scrutin local (députés et maires) de
l'après Taya aussi les néfastes facteurs fragmentaires (tribu, région,
ethnie). Une nature qui continue à miner dangereusement la société
mauritanienne. C'est dire qu'en dépit de l'embellie de la journée du 19
novembre, la Mauritanie se cherche toujours sur le long chemin du véritable
citoyen mauritanien mû par l'amour de cette nation meurtrie que par des
intérêts égocentriques ethno-tribalo-régionalistes. Le pari n'est pas
vraiment gagné car l'émiettement de la scène politique est, tout simplement,
l'expression du caractère segmentaire de notre société, en quelque sorte un
«vagabondage démocratique».
Camara Seydi Moussa
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